Avant même de poser la première pierre de votre projet, une réalité s’impose : impossible d’éviter l’épreuve de la faisabilité. C’est une étape qui ne laisse aucune place à l’improvisation.
Avant de vous lancer, un état des lieux précis s’impose. La faisabilité, ce n’est pas un unique dossier poussiéreux : elle touche à tous les angles du projet, qu’il s’agisse de la viabilité commerciale, des enjeux financiers, de la dimension technique ou encore du contexte économique. À chaque enjeu sa grille d’analyse, son lot de questions sans concessions.
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Pour ceux qui souhaitent aller plus loin sur la faisabilité commerciale, financière ou économique, vous trouverez des ressources détaillées ici.
Mais le cœur du sujet aujourd’hui, c’est l’étude de faisabilité technique, celle qui, concrètement, pose la question de la possibilité réelle de mettre le projet sur les rails.
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L’étude technique et institutionnelle éclaire les différentes dimensions du possible : technologie disponible, contraintes géographiques, impact environnemental, stabilité politique, cadre réglementaire. Autant de filtres qui permettent de distinguer l’ambition réaliste de l’illusion coûteuse.
Pour ne rien négliger, voici les six axes majeurs à examiner pour bâtir un projet solide :
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1. Faisabilité technologique
Ce premier volet vise à disséquer la capacité technique à produire l’extrant attendu. Pour avancer, il faut répondre à une série d’interrogations concrètes :
- Existe-t-il une technologie, une méthode ou un procédé éprouvé pour atteindre le résultat visé ?
- La solution retenue a-t-elle déjà fait ses preuves ailleurs ?
- Une phase de recherche ou d’adaptation technique est-elle incontournable ?
- Quelles sont les modalités d’acquisition de la technologie nécessaire ?
- Quel matériel ou équipement faut-il mobiliser ?
- De quelles ressources, matérielles, humaines, informationnelles, le projet a-t-il besoin ?
La technologie peut s’obtenir de multiples façons : achat de brevets, signature de licences, assistance technique, contrat clé en main, création de joint-venture… À chaque projet sa stratégie, en fonction du budget et des ambitions.
2. Faisabilité géographique
L’emplacement, loin d’être anodin, peut faire ou défaire un projet. Plusieurs points méritent d’être passés au crible :
- Le site choisi est-il bien desservi par les infrastructures de transport ?
- Dispose-t-il du réseau de services après-vente adéquat ?
- Les canaux de distribution sont-ils facilement accessibles ?
- La communication sur place est-elle fiable ?
- La main-d’œuvre qualifiée est-elle présente à proximité ?
- Les bénéficiaires ou utilisateurs finaux peuvent-ils accéder facilement au site ?
- Les contraintes climatiques compliquent-elles l’exploitation ?
- Les conditions de vie pour le personnel sont-elles acceptables ?
- Le site attire-t-il ou dissuade-t-il les talents nécessaires ?
- Quels sont les atouts spécifiques de l’emplacement retenu ?
3. Faisabilité environnementale
Impossible de faire l’impasse sur l’impact écologique. L’analyse environnementale doit permettre d’anticiper les conséquences concrètes du projet :
- Des émissions polluantes pourraient-elles altérer la qualité de l’air ?
- Des risques de pollution des cours d’eau ont-ils été identifiés ?
- Des contaminations du sol sont-elles à craindre ?
- Le projet génère-t-il des déchets dangereux ?
- Le bruit produit risque-t-il de perturber l’environnement ?
- L’aspect visuel du cadre de vie sera-t-il impacté ?
- Le projet peut-il, à l’inverse, améliorer localement l’environnement ?
- Quelles solutions pour recycler ou valoriser les déchets générés ?

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4. Faisabilité politique
Le paysage politique peut transformer un projet prometteur en casse-tête. Mieux vaut anticiper :
- Le régime en place est-il stable ?
- Quelle est la position des autorités vis-à-vis du projet ?
- Le rapport de force entre soutiens et opposants est-il équilibré ?
- Une échéance électorale pourrait-elle rebattre les cartes ?
- Les partis politiques concernés soutiennent-ils l’initiative ?
5. Faisabilité juridique
Le projet doit coller à la réglementation en vigueur. Plusieurs champs sont à examiner selon la nature du projet :
- Législation sur l’aménagement du territoire
- Règles encadrant la concurrence
- Procédures liées aux appels d’offres et marchés publics
- Normes sur la protection de l’environnement
- Obligations et certifications à respecter
- Conditions de travail et droit social
- Règles relatives à l’investissement
6. Faisabilité organisationnelle
Enfin, le projet ne tiendra qu’à une organisation solide et motivée. Plusieurs points doivent être examinés :
- L’équipe porteuse du projet possède-t-elle l’expérience de gestion nécessaire ?
- Les compétences techniques sont-elles présentes en interne ?
- Les moyens matériels et humains sont-ils suffisants et pérennes ?
- En cas de besoin, existe-t-il des solutions fiables pour renouveler les ressources ?
- La formation des équipes est-elle au niveau requis ?
- Le personnel soutient-il la démarche ?
- La motivation collective est-elle au rendez-vous ?
- Le climat interne favorise-t-il l’engagement ?
- La structure organisationnelle facilite-t-elle la mise en œuvre ?
- Le mode de management s’accorde-t-il avec la conduite du projet ?
Une fois chaque dimension passée au crible, les contours du projet se dévoilent : viabilité, forces, faiblesses. On comprend alors si le feu vert est réaliste, et, surtout, si le business plan ne sera plus qu’une formalité, fort des réponses collectées.
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