Le tri des déchets en open space génère des résultats très variables d’une entreprise à l’autre. Certaines atteignent des taux de tri corrects en quelques semaines, d’autres stagnent malgré l’installation de bacs neufs. La différence tient rarement au budget : elle se joue sur l’emplacement des points de collecte, le nombre de flux séparés et la suppression (ou non) des corbeilles individuelles.
Corbeille individuelle ou point de tri mutualisé : comparatif des deux modèles
L’Ademe documente depuis plusieurs années que la suppression des poubelles individuelles améliore la qualité du tri et réduit le volume de déchets résiduels. Le modèle mutualisé repose sur des stations partagées, placées dans les zones de passage. Le modèle individuel, lui, conserve une corbeille par poste de travail.
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| Critère | Corbeille individuelle | Point de tri mutualisé |
|---|---|---|
| Qualité du tri | Faible (mélange fréquent des flux) | Nettement supérieure (geste guidé par la signalétique) |
| Volume de déchets résiduels | Élevé | Réduit |
| Coût de collecte interne | Multiplié (vidage poste par poste) | Centralisé (moins de rotations) |
| Acceptation initiale | Forte (habitude) | Résistance temporaire |
| Entretien et nettoyage | Dispersé | Concentré sur quelques îlots |
Le passage au tri mutualisé provoque souvent une période d’inconfort de quelques semaines. Les collaborateurs doivent se lever pour jeter un déchet. Cette contrainte est précisément ce qui rend le geste de tri plus conscient et plus fiable.
Pour équiper un open space avec des collecteurs adaptés à chaque flux, le choix d’une poubelle tri sélectif dimensionnée au volume réel de déchets produits par l’équipe fait gagner du temps sur la logistique quotidienne.
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Distance entre le poste de travail et le point de tri : le seuil à ne pas dépasser
L’Ademe indique qu’installer des stations de tri à moins de 15 à 20 mètres des postes de travail augmente la qualité du tri. Au-delà de cette distance, le taux de bons gestes chute. Les collaborateurs qui doivent traverser un plateau entier finissent par accumuler les déchets sur leur bureau ou les jeter dans le premier bac venu.
Dans un open space classique de plusieurs dizaines de postes, cela signifie qu’un seul îlot de tri ne suffit pas. Il faut cartographier les zones denses (clusters de bureaux, espaces projet) et placer un point de collecte à portée de chaque groupe.
Repérer les zones de flux naturel
Les emplacements les plus efficaces se situent sur les trajets que les salariés empruntent déjà : chemin vers la machine à café, sortie vers les salles de réunion, passage vers les sanitaires. Placer un îlot dans un angle mort du plateau, même bien signalé, réduit son utilisation.
- Axe machine à café – espace cuisine : capte le marc de café, les emballages alimentaires et les gobelets (si encore présents)
- Sortie de salle de réunion : récupère le papier, les bouteilles d’eau et les dosettes
- Zone d’impression : concentre le papier brouillon, les cartouches usagées et les enveloppes
Un îlot mal placé coûte autant qu’un îlot bien placé, mais trie deux fois moins. L’audit des déplacements réels des équipes, même informel, oriente mieux que le plan architectural seul.
Biodéchets en open space : la nouvelle obligation à intégrer au schéma de tri
Depuis le 1er janvier 2024, le tri à la source des biodéchets est obligatoire en France, y compris pour les entreprises disposant d’espaces de restauration ou de cafétérias attenants aux open spaces. Concrètement, dès que des repas sont préparés ou consommés régulièrement sur place, une collecte séparée doit être organisée.
Cela concerne les restes de repas, le marc de café, les épluchures, les sachets de thé. Dans un open space où la pause déjeuner se prend souvent au bureau, ignorer ce flux revient à laisser des biodéchets contaminer les bacs de recyclables (papier, carton) et dégrader l’ensemble du tri.
Intégrer les biodéchets sans multiplier les nuisances
Le bac à biodéchets génère des craintes légitimes en open space : odeurs, moucherons, fréquence de vidage. Quelques principes réduisent ces risques.
- Choisir un contenant avec couvercle à fermeture étanche et ouverture par pédale, pour limiter la diffusion d’odeurs
- Positionner le bac exclusivement dans la zone cuisine ou espace de pause, pas au milieu du plateau de travail
- Prévoir un vidage quotidien ou tous les deux jours en période chaude, avec un nettoyage du bac à chaque rotation
- Utiliser des sacs compostables certifiés pour faciliter le transport vers le point de collecte extérieur
Le schéma global de tri de l’open space doit être repensé pour inclure ce flux, et non simplement ajouter un bac supplémentaire à côté des autres.

Signalétique et code couleur : ce qui fonctionne sur un plateau ouvert
Un code couleur incohérent entre les étages ou entre les bâtiments d’une même entreprise annule une partie des efforts de sensibilisation. L’uniformité du matériel dans tout l’espace de travail (même format, mêmes couleurs, même ordre des bacs) conditionne l’automatisme du geste.
Les ouvertures spécifiques selon le type de déchet renforcent le guidage : fente pour le papier et le carton, trou rond pour les bouteilles et canettes, ouverture large pour les déchets résiduels. Cette différenciation physique réduit les erreurs même quand la signalétique est lue distraitement.
Terface, spécialiste des collecteurs de tri sélectif pour bureaux et entreprises, propose des gammes de contenants dont les volumes vont de moins de 20 litres à plus de 250 litres. Leurs équipements intègrent des codes couleurs normalisés et des ouvertures adaptées à chaque flux, ce qui permet d’équiper un open space avec un système cohérent du poste de travail jusqu’à la zone de restauration.
Un affichage efficace combine un pictogramme du déchet accepté, un exemple de déchet refusé et la couleur du bac. Trois informations, pas davantage. Les panneaux surchargés de texte ne sont pas lus dans un environnement de travail où l’attention est déjà sollicitée en permanence.
Le tri des déchets en open space repose sur trois leviers mesurables : la distance entre le poste et le point de collecte, le nombre de flux réellement séparés et la régularité du vidage. Travailler ces trois paramètres avant d’investir dans la sensibilisation évite de former des collaborateurs à un dispositif mal conçu.
