Ouvrir un point relais sans commerce est possible, mais pas auprès des réseaux classiques des transporteurs, qui réclament un local commercial ouvert à la clientèle. Un particulier passe par une plateforme de relais entre particuliers et reçoit les colis chez lui. Le gain reste un complément modeste, et un locataire doit d’abord vérifier son bail.
Point relais en boutique ou relais particulier : ce qui change
Le point relais classique repose sur un commerce : un local, des horaires d’ouverture, une clientèle de passage. C’est la voie décrite dans notre article pour devenir point relais côté commerçant, avec ses exigences propres.
Sans boutique, le statut de relais particulier prend le relais. La plateforme met en relation des destinataires et des habitants volontaires, qui gardent les colis à domicile pendant quelques jours.
Les consignes automatiques forment une troisième option. Elles ne demandent aucun particulier : un opérateur installe des casiers dans un lieu de passage, ce qui n’est pas à la portée d’un simple habitant.
Conditions pour devenir relais à domicile
Les plateformes demandent peu de choses. Il faut être majeur, avoir un smartphone pour scanner les colis, et fournir une pièce d’identité ainsi qu’un justificatif de domicile récent. Certaines ajoutent une attestation de responsabilité civile, voire une vérification des antécédents judiciaires.
Côté logement, un placard ou un coin de garage suffit pour stocker les colis, à condition que l’endroit soit sec et fermé. La disponibilité compte davantage : plusieurs plateformes attendent une présence d’au moins deux jours consécutifs par semaine, parfois sur des plages horaires précises.

Locataire, copropriété, assurance : les accords à obtenir
Un locataire peut devenir relais, sous réserve que son bail n’interdise pas une activité complémentaire à domicile. Le plus sûr est d’obtenir l’accord écrit du bailleur avant de s’inscrire, surtout si les passages de destinataires doivent se multiplier dans l’immeuble.
En copropriété, le règlement peut aussi encadrer les activités exercées dans les logements et les allées et venues dans les parties communes. Sa lecture évite un conflit avec le syndic ou les voisins.
L’assurance habitation mérite un appel à l’assureur. Le relais répond de la perte, du vol ou de la casse d’un colis pendant sa garde : mieux vaut savoir si le contrat couvre cette situation.
Combien rapporte un point relais sans commerce
La rémunération se calcule au colis remis. Selon les sources et les plateformes, elle va de 0,40 € à 1,50 € par colis, avec des écarts liés à la taille du colis et au service (dépôt, retrait avec signature, retour). Aucun barème officiel ne s’impose : chaque plateforme publie ses propres conditions.
Un relais actif traite en moyenne 10 à 15 colis par semaine, soit 30 à 90 € par mois. Les profils les mieux placés, en zone dense et avec de larges plages de présence, annoncent 150 à 300 € par mois.
Le volume dépend surtout de l’emplacement. Les destinataires cherchent un relais proche, comme l’explique notre comparatif pour choisir un point relais proche de chez soi. Un logement près d’un quartier résidentiel dense reçoit plus de colis qu’une rue isolée.
Déclarer ses gains : impôts et statut
Ces sommes sont des revenus. Les plateformes transmettent à l’administration fiscale les montants perçus au-delà de seuils fixés par la réglementation, et ces montants peuvent apparaître dans la déclaration pré-remplie. Les sommes transmises ne sont pas pour autant toutes imposables, mais le relais reste tenu de déclarer ce qu’il a gagné.
Quand l’activité devient régulière, elle appelle un statut. Le statut de micro-entrepreneur peut être exigé au-delà d’un certain niveau de revenus, que l’URSSAF ou un comptable permet de situer précisément.
Si le flux grossit au point d’envisager plusieurs lieux de réception ou des salariés, il faut passer à une vraie structure : voyez alors les démarches de création d’une société.
De l’inscription au premier colis
L’inscription se fait en ligne : on remplit son profil, on dépose ses justificatifs et on indique ses disponibilités. La plateforme valide le dossier sous quelques jours, puis fait signer un contrat de partenariat par voie électronique.
À chaque arrivée, le relais scanne le colis avec son smartphone, qui prévient le destinataire. Celui-ci vient le retirer et présente son code ou sa pièce d’identité, que le relais contrôle avant la remise.

La conservation dure en général 5 à 7 jours selon le contrat. Passé ce délai, le colis repart chez l’expéditeur.
Limites à connaître avant de se lancer
Le relais accueille des inconnus chez lui, et les retraits ont lieu parfois en soirée : une part non négligeable des retraits se fait après 20 h sur certaines plateformes. Cela suppose d’accepter ces passages.
La responsabilité pèse sur le relais en cas de colis perdu ou abîmé. Les colis volumineux demandent de la place, et le flux est irrégulier, avec des pics lors des soldes ou des fêtes.
Un relais particulier convient donc à quelqu’un qui est souvent chez lui et qui accepte un gain de quelques dizaines d’euros par mois. Au-delà, c’est un autre métier, avec ses contraintes de local et de statut.
