Statistiquement rare mais redouté, l’abandon de poste ne se limite pas à une simple absence. Au fil des années, il s’est imposé comme un signal d’alerte, autant pour les employeurs que pour les salariés. Ce geste, qui consiste à quitter son poste sans prévenir et sans intention de revenir, n’a rien d’anodin. On parle alors d’une rupture nette, à la différence d’une démission ou d’un congé, qui obéissent à d’autres règles. Résultat : le contrat de travail se retrouve rompu, du jour au lendemain, par la seule volonté du salarié.
Les répercussions de l’abandon de poste ne se font pas attendre. D’un côté, le salarié s’expose à la suspension de sa rémunération, voire à des démarches judiciaires. De l’autre, l’employeur doit composer avec une absence prolongée et sans justification, ce qui met en lumière l’importance de respecter les procédures de dialogue et d’information dans l’entreprise.
Qu’est-ce qu’un abandon de poste ?
L’abandon de poste désigne un comportement précis : un salarié cesse d’exécuter son contrat de travail, sans y avoir été autorisé. Il quitte son poste ou ne se présente plus sur son lieu de travail, de sa propre initiative, sans raison légitime ni accord de l’employeur. Cette situation doit être distinguée des absences justifiées, telles qu’un arrêt maladie ou un accident, où les formalités administratives sont alors incontournables.
Les critères pour caractériser un abandon de poste
Pour que la notion d’abandon de poste soit retenue, plusieurs signaux doivent être réunis. Voici les principaux éléments qui entrent en jeu :
- Une absence prolongée et non justifiée par le salarié.
- Le silence du salarié, qui ne prévient pas son employeur.
- Une attitude laissant penser qu’il ne compte pas revenir travailler.
Cette définition s’applique à l’ensemble des salariés du secteur privé, qu’ils soient embauchés en CDD ou en CDI, quel que soit leur statut hiérarchique. Le code du travail encadre ce dispositif pour limiter les abus et garantir une certaine équité.
Les conséquences juridiques et financières de l’abandon de poste
Depuis avril 2023, la réglementation a évolué : l’abandon de poste est assimilé à une démission dans la plupart des cas, sauf exceptions prévues par la loi. L’article L1237-1-1 du code du travail et le décret n°2023-275 ont introduit la présomption de démission en cas de départ non justifié du salarié.
Concrètement, l’employeur devra mentionner la démission du salarié dans les documents administratifs, ce qui a un impact direct sur ses droits à l’assurance chômage. Si le salarié estime que son absence était justifiée, il peut saisir le conseil de prud’hommes pour contester la procédure engagée.
Les alternatives à l’abandon de poste pour les salariés
Pour éviter de se retrouver dans une impasse, les salariés disposent d’autres leviers :
- Ouvrir le dialogue avec l’employeur pour tenter de résoudre le conflit.
- Demander un congé non rémunéré ou envisager une rupture conventionnelle.
- Solliciter l’aide des représentants du personnel pour engager une médiation.
Ces démarches ont l’avantage de préserver les droits du salarié tout en respectant les obligations contractuelles de chacun.
Les critères pour caractériser un abandon de poste
Pour trancher sur la réalité d’un abandon de poste, certains critères sont incontournables. L’absence doit être prolongée et non justifiée, sans qu’aucun motif valable ne soit avancé. Le salarié doit avoir pris l’initiative de quitter son poste, sans l’accord de l’employeur, et n’a pas répondu aux relances ou convocations de la direction. Le silence du salarié, l’absence de justificatif et le refus d’expliquer la situation sont des éléments clés.
L’autre aspect déterminant concerne la volonté manifeste de ne pas reprendre le travail. Cela peut se vérifier lorsqu’un salarié ignore les mises en demeure de son employeur, ou refuse de se présenter à des entretiens préalables.
Contexte juridique et pratique
Le cadre légal de l’abandon de poste concerne tous les salariés du secteur privé, qu’ils soient en CDD ou en CDI, peu importe leur niveau de responsabilité. Le code du travail encadre cette notion afin d’éviter les dérives, aussi bien du côté des employeurs que des salariés.
Depuis la création de l’article L1237-1-1, la présomption de démission est automatique en cas d’abandon de poste, et le salarié doit prouver que son absence est justifiée pour prétendre à une indemnisation chômage.
Procédure et formalités
Lorsqu’une entreprise constate un abandon de poste, elle doit respecter une procédure stricte. Tout commence par l’envoi d’une mise en demeure au salarié, l’invitant à reprendre son poste ou à justifier son absence dans un délai défini. Si le salarié ne se manifeste pas, l’employeur peut enclencher une procédure de licenciement pour faute grave.
Dans la déclaration sociale nominative (DSN) et sur les attestations remises au salarié, le motif de « démission » doit désormais apparaître, conformément au décret n°2023-275.
Les conséquences juridiques et financières de l’abandon de poste
Assimilé à une démission depuis le décret du printemps 2023, l’abandon de poste laisse peu de place à l’improvisation. La présomption de démission, prévue par l’article L1237-1-1 du code du travail, signifie que le salarié n’a plus droit à l’allocation chômage, sauf à démontrer un motif légitime à son absence.
Sur le plan financier, les conséquences sont immédiates :
- L’indemnisation chômage disparaît, puisque l’assurance chômage exclut la plupart des démissions.
- Le salarié n’a pas droit à une indemnité de licenciement ni à un préavis, contrairement à un licenciement pour faute grave.
S’agissant des conséquences juridiques, le salarié peut cependant saisir le conseil de prud’hommes pour contester la présomption de démission. Il lui faudra alors prouver que son absence était justifiée, par exemple en cas de conditions de travail dangereuses ou de harcèlement. De son côté, l’employeur doit veiller à bien indiquer le motif de rupture dans les déclarations sociales et les attestations, sous peine de contentieux ultérieur.
L’article R1237-13 du code du travail encadre la procédure, qui vise à clarifier les droits et obligations de chacun et à prévenir les abus.

Les alternatives à l’abandon de poste pour les salariés
Avant de tourner le dos à son poste, mieux vaut explorer les solutions légales mises à disposition. La rupture conventionnelle offre un cadre sécurisé pour quitter l’entreprise, avec à la clé une indemnité spécifique et l’ouverture des droits à l’assurance chômage.
Le dialogue social reste souvent la meilleure voie : prendre rendez-vous avec son supérieur ou le service RH permet parfois de débloquer une situation, d’envisager un aménagement du poste ou un changement de service. Lorsque des difficultés personnelles ou de santé rendent la présence au travail impossible, il est possible de demander un congé maladie ou un congé non rémunéré. Ces démarches, bien que temporaires, évitent les effets négatifs d’un départ non anticipé.
Envisager une reconversion professionnelle peut également représenter une alternative constructive. Le bilan de compétences ou la formation via le CPF permettent d’ouvrir de nouvelles perspectives, sans sacrifier ses droits à l’assurance chômage.
Enfin, si la relation de travail ne peut être maintenue, solliciter un licenciement pour motif personnel reste possible, même si cette solution offre moins d’avantages financiers que la rupture conventionnelle.
Le choix d’une alternative dépend du contexte et de la relation avec l’employeur. Mais dans tous les cas, privilégier la voie du dialogue et du respect de la procédure permet de préserver ses droits et de quitter l’entreprise sans regret ni mauvaise surprise.
