Jean-Marie Cordaro a fondé Bonzai après quinze ans d’activité en ligne. Au départ, il pensait surtout aux créateurs qui vendent des contenus : comment leur permettre d’envoyer des e-mails, de réunir leurs membres et de proposer une offre payante ? Les marchands qui ont rejoint la plateforme lui ont parlé d’autres difficultés. Leurs retours ont changé les priorités de son équipe. Sa conviction, elle, est restée la même : les entrepreneurs ont besoin d’une relation plus claire avec les services dont dépendent leurs paiements.
Dans les réponses qu’il a données pour cet article, Jean-Marie Cordaro revient sur cette évolution. Il évoque aussi la décision qui lui coûte le plus : refuser un marchand avant qu’il ne commence à encaisser.
Ce que les marchands lui ont fait revoir sur Bonzai
À ses débuts, Bonzai développait surtout des outils destinés aux créateurs de contenu, notamment l’envoi d’e-mails et l’espace membre. Ces fonctions existent toujours. Mais JM Cordaro explique que les échanges avec les utilisateurs ont progressivement fait remonter d’autres attentes.
Le paiement prend plus de place
Il cite les éditeurs de logiciels par abonnement, les boutiques en ligne et les entreprises qui vendent à partir de campagnes publicitaires. Ces marchands peuvent avoir besoin d’un espace pour présenter leurs offres. Ils accordent surtout une attention particulière à la page sur laquelle le client paie et à la continuité des encaissements.
« L’ensemble de la plateforme est le résultat de notre communication avec les marchands », dit Jean-Marie Cordaro. Son équipe travaille aujourd’hui davantage sur les pages de paiement et sur la stabilité du service. Il décrit ici une évolution de ses priorités, issue des conversations avec les vendeurs. Bonzai continue en parallèle de proposer desoutils pour les créateurs de contenu.
Ce changement compte dans son parcours de dirigeant. Cordaro est arrivé avec sa propre expérience de vendeur de contenus. Il doit désormais tenir compte de marchands qui ne vendent pas comme lui et dont l’activité dépend parfois, chaque jour, du bon fonctionnement de leurs encaissements.
Une décision difficile : refuser un marchand
Lorsqu’on lui demande quelle décision a été la plus difficile chez Bonzai, Jean-Marie Cordaro répond : refuser un marchand. « C’est une décision qui revient encore et encore. »
Son équipe examine l’activité au début de la relation. Si Bonzai ne peut pas travailler avec le vendeur, elle le lui annonce avant ses premiers encaissements sur la plateforme. Pour celui qui vient de préparer son lancement, le refus peut être difficile à entendre. Il l’est aussi pour Cordaro, qui sait qu’un marchand devra chercher une autre solution.
Corriger le dossier ou chercher un autre partenaire
Il explique que tous les refus n’ont pas la même raison. Voici comment il décrit les deux situations sur lesquelles son équipe peut encore apporter une réponse au vendeur :
|
Situation examinée |
Réponse décrite par Jean-Marie Cordaro |
|
Des points de conformité peuvent être corrigés |
L’équipe explique au marchand ce qui pose problème et ce qu’il peut régulariser avant de poursuivre. |
|
L’activité est jugée trop risquée pour Bonzai |
L’équipe peut orienter le marchand vers un partenaire spécialisé dans les activités dites high risk. Ce partenaire reste libre d’accepter ou de refuser le dossier. |
Une activité illégale ne devient pas acceptable parce qu’elle change de prestataire. À l’inverse, une activité jugée risquée n’est pas forcément illégale. Ce sont deux questions différentes, que Cordaro estime nécessaire d’expliquer au marchand concerné.
Pourquoi prendre la décision avant les ventes ?
Un refus avant les premières ventes laisse au marchand le temps de chercher une autre voie. Une décision prise après plusieurs semaines d’encaissement pourrait le placer dans une situation plus fragile. Cet examen initial ne garantit pas qu’aucun incident ne surviendra ensuite. Il permet de parler du risque avant que l’entreprise ne dépende de Bonzai pour recevoir son argent.
Ce qui a conduit Jean-Marie Cordaro vers le paiement
Le refus des marchands s’inscrit dans un problème plus large, que Jean-Marie Cordaro dit avoir connu de l’autre côté du comptoir. Pendant quinze ans, il a vendu en ligne. Pour faire fonctionner cette activité, il lui fallait trouver des clients, diffuser ses offres et encaisser. À chaque étape, il dépendait d’un service extérieur.
Les règles des acteurs dont il dépend
Une entreprise peut, par exemple, attirer des clients avec une publicité sur Meta ou Google. Pour recevoir leurs paiements, elle doit aussi travailler avec des acteurs du paiement et des banques. Chacun fixe ses propres conditions. Lorsqu’une difficulté survient, le marchand ne sait pas toujours ce qui lui est reproché ni à qui demander une explication.
JM Cordaro reconnaît que ces institutions ne peuvent pas rendre publics tous leurs critères. Elles donneraient aussi des indications aux fraudeurs. Mais il estime que cette réserve laisse parfois les vendeurs de bonne foi sans réponse utile. C’est dans le paiement qu’il dit avoir rencontré personnellement les difficultés les plus fortes. Il a donc choisi de commencer par ce sujet.
Aujourd’hui, Jean-Marie Cordaro veut aider les marchands à mieux comprendre les conditions dans lesquelles ils peuvent encaisser et à réduire les interruptions de leur activité. Bonzai se concentre sur le paiement ; il dit s’appuyer sur des partenaires spécialisés pour les autres domaines. Son objectif est d’apporter plus de stabilité aux vendeurs. Il ne constitue pas une promesse qu’aucun compte ne pourra jamais être suspendu.
Ce que les marchands ont changé chez Bonzai est donc assez précis. Le produit s’ouvre à des besoins qui dépassent ceux des créateurs de contenu. Et son fondateur continue de défendre la même façon de travailler : écouter l’activité d’un vendeur, lui répondre avant qu’il ne dépende du service et expliquer, autant que possible, les décisions prises.
Questions fréquentes
Quelle différence entre un espace membre et une page de paiement ?
L’espace membre sert à donner accès à un contenu ou à un service après l’achat. La page de paiement est l’étape où le client valide et règle sa commande. Les besoins d’un créateur qui vend une formation et ceux d’une boutique en ligne peuvent donc se rejoindre au moment de l’encaissement, même si leurs produits sont différents.
Bonzai traite-t-il seul chaque paiement ?
Bonzai propose une expérience de paiement intégrée à sa plateforme. Ses conditions d’utilisation précisent que des prestataires tiers peuvent intervenir dans le traitement des paiements. Le rôle de Bonzai ne signifie donc pas qu’il assure seul toutes les opérations financières.
