Les meilleures astuces pour choisir ses chaussures de sécurité au travail

Les statistiques ne mentent pas : chaque année, les pieds figurent en bonne place parmi les victimes du monde professionnel. Coupures, écrasements, brûlures, perforations… le danger rôde partout, de l’atelier à l’usine. S’équiper de la bonne paire de chaussures de sécurité n’est pas une lubie de service hygiène, c’est la différence entre un quotidien sans accroc et une blessure qui vous rappelle à l’ordre. Encore faut-il savoir lire entre les lignes des normes, des catégories et des caractéristiques. Voici ce qu’il faut vraiment regarder pour choisir sans fausse note.

Chaussure de sécurité : défendre ses pieds, pas juste en théorie

Le terrain ne fait pas de cadeau. Les statistiques parlent d’elles-mêmes : près de 7 % des accidents du travail impliquent directement les pieds. Impossible de balayer ce risque d’un revers de main. D’ailleurs, la législation ne laisse pas place au doute : chaque employeur doit fournir une paire de chaussure de sécurité conforme à la norme EN ISO 20345.

L’exigence première ? Résister à l’écrasement. Ces chaussures sont toutes équipées d’un embout capable d’absorber la chute d’un objet de 2 kg lâché d’un mètre, soit 200 joules. Mais la protection ne s’arrête pas là. Selon le contexte, elles savent aussi contrer les perforations, isoler du contact avec des produits chimiques, tenir face à la chaleur ou aux agents biologiques. Chaque secteur a sa propre liste de pièges à déjouer.

Catégories S1, S2, S3 : décrypter la norme EN ISO 20345

La norme EN ISO 20345 structure l’offre en trois grandes familles : S1, S2 et S3. Un système conçu pour hiérarchiser la protection, du minimum réglementaire jusqu’au bouclier intégral.

La S1, c’est l’embout de sécurité, une fermeture totale, des propriétés antistatiques et un talon renforcé pour absorber les chocs. La S2 ajoute une tige qui fait barrage à l’eau et limite son absorption. La S3 va encore plus loin : semelle anti-perforation, crampons pour agripper les surfaces glissantes, de quoi affronter l’imprévu sans broncher.

Pour ne pas se perdre dans le jargon, il est utile de distinguer les autres catégories et normes complémentaires :

  • Les modèles S4 et S5 reprennent respectivement les caractéristiques des S2 et S3, mais avec une différence de taille : ils sont conçus en polymères, ce qui leur assure une étanchéité naturelle et une résistance accrue à la pénétration de l’eau.
  • La norme XPS 73012 complète la EN ISO 20345 : elle impose la présence d’une semelle antidérapante, pensée pour affronter les sols huileux ou glissants des sites industriels.

Repérer les caractéristiques additionnelles

Les sigles S1, S2, S3 ne disent pas tout. D’autres lettres signalent des propriétés spécifiques, qui font la différence selon l’environnement professionnel. Voici les principaux repères à garder en tête :

  • Le marquage A désigne un modèle antistatique.
  • Fo indique une semelle résistante aux hydrocarbures.
  • E garantit un amorti renforcé au niveau du talon.
  • P atteste d’une semelle anti-perforation.
  • Wru et Wr précisent respectivement une tige résistante à la pénétration et à l’absorption de l’eau, ou une chaussure totalement imperméable.

Ne pas confondre : sécurité, protection, travail

Tout ce qui ressemble à une chaussure de sécurité ne protège pas forcément de la même façon. Seules celles certifiées EN ISO 20345 intègrent un embout conçu pour résister à un choc de 200 joules. Les chaussures dites de protection (EN ISO 20346) incluent parfois un embout, mais leur seuil de résistance s’arrête à 100 joules. Les chaussures de travail, elles, avancent sans coque de protection.

Concrètement, les sabots antidérapants plébiscités en cuisine ou à l’hôpital entrent dans la catégorie des chaussures de travail, pas dans celle des chaussures de sécurité. Difficile donc de juger sur le look : bottes, mocassins, baskets ou sneakers de sécurité, l’apparence varie mais la norme ne trompe pas. Avant de choisir, un passage par l’étiquette ou la fiche technique s’impose. Cela évite bien des déconvenues.

Au bout du compte, la paire idéale ne se limite pas à une question de confort ou d’allure. Elle joue ce rôle discret mais décisif : maintenir la frontière entre un pied indemne et une blessure dont on se souvient longtemps. Sur le terrain, choisir la bonne chaussure revient souvent à s’offrir la chance de finir sa journée sur ses deux pieds, sans regret et sans séquelle.

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