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Tu ne veux plus payer le RSI !
Annonce de travail vérifiée 
Vous êtes entrepreneur indépendant, gérant d’EURL ou de SARL et vous vous acquittez chaque année de cotisations RSI.

Les erreurs qui s’accumulent au fil du temps, évaluations fantaisistes, courriers égarés, avis de paiement surgis de nulle part, finissent par mettre votre activité sur la corde raide. Même votre quotidien en pâtit : chaque courrier de la caisse fait grimper la pression d’un cran.
Pour beaucoup, ce climat d’incertitude finit par grignoter la sérénité de l’entrepreneur et polluer l’ambiance de travail.
Il devient alors urgent de rompre avec le RSI. Plusieurs options s’offrent à vous pour tourner la page, et nous allons vous exposer les alternatives concrètes.
Les quatre premières pistes sont parfaitement légales, mais n’allez pas croire que vous paierez moins d’impôts, sauf à prendre la tangente hors de l’Hexagone.
Voici les différentes solutions évoquées dans cet article :
- Solution 1 : Portage salarial
- Notre point de vue sur le portage salarial :
- Solution 2 : Coopératives d’activité et d’emploi
- Notre regard sur le travail en coopérative :
- Solution 3 : Société anonyme ou société par actions simplifiée
- Notre avis sur ce statut :
- Solution 4 : Installer votre entreprise à l’étranger
- Notre analyse de ce choix :
- Solution 5 : Souscrire une assurance privée hors de France (attention, légalité non garantie)
- Notre opinion sur cette démarche :
Solution 1 : Portage salarial
Le portage salarial figure parmi les alternatives sérieuses à l’auto-entrepreneuriat.
En optant pour une structure de portage, vous bénéficiez du statut de salarié, avec tout ce que cela implique : droits au chômage, protection sociale complète, cotisations retraite, et des arrêts maladie mieux indemnisés.
Le fonctionnement est direct : vous trouvez vos missions, mais c’est la société de portage qui facture vos clients et vous reverse un salaire après déduction des charges. En clair, votre chiffre d’affaires transite par elle, et vous recevez un bulletin de paie.
Côté prélèvements, il faut être lucide : la facture grimpe vite. Attendez-vous à voir partir près de 50 % de votre chiffre d’affaires (environ 10 % de commission pour la société de portage et 40 % pour les cotisations sociales et patronales). Plus cher que le RSI, c’est certain.
Petit bonus : si vous avez été auto-entrepreneur auparavant, le portage vous permettra de déduire certaines dépenses (honoraires, achats de matériel, prestations externes) à la TVA, ce qui peut s’avérer utile pour des activités nécessitant des investissements.
Notre avis sur le portage salarial :
Une solution solide pour ceux qui veulent la tranquillité d’esprit d’un salarié, même si cela coûte plus cher. Travailler sans crainte d’une relance du RSI, ça n’a pas de prix.
Solution 2 : Coopératives d’activité et d’emploi
Travailler via une coopérative permet d’accéder au statut d’entrepreneur salarié.
Le principe ressemble au portage : la coopérative facture, gère la comptabilité, reverse un salaire, et vous accompagne dans la gestion de votre activité. Mais ici, vous gardez la main sur le montant de votre rémunération et pouvez laisser une part de chiffre d’affaires en réserve pour alimenter votre trésorerie.
La coopérative prend en charge l’administratif : calcul des salaires, gestion des cotisations, accompagnement collectif… Un cadre qui séduit ceux qui veulent rompre avec l’isolement de l’entrepreneur individuel.
Sur le plan financier, l’addition reste salée : comptez jusqu’à 50 % de charges sur le chiffre d’affaires (10 % de frais de structure et 40 % de cotisations sociales). Vous gardez la possibilité de déduire vos frais professionnels, ce qui rassure les profils qui investissent régulièrement.
Notre regard sur le travail dans les coopératives d’activité et d’emploi :
C’est une piste sérieuse, tout particulièrement si vous souhaitez quitter le RSI sans vous retrouver seul face à la gestion. Ce modèle s’adresse aussi bien aux anciens auto-entrepreneurs qu’aux gérants d’EURL ou de SARL lassés des complications.
Solution 3 : Société anonyme ou société par actions simplifiée
Le nombre de SA et de SAS explose en France, et pour cause.
En tant que dirigeant de SA ou de SAS, vous relevez du régime général de la Sécurité sociale. Résultat : plus besoin de cotiser au RSI, ni d’être considéré comme travailleur indépendant affilié à ce régime.
Attention toutefois : en cas de difficultés, vous ne pourrez pas prétendre à l’assurance chômage.
Autre point à anticiper : les cotisations sociales sont environ 10 % plus élevées que celles du RSI. Un différentiel qui pèse sur le long terme, mais qui s’accompagne d’une protection sociale différente.
Notre avis sur ce statut :
Pour un indépendant souhaitant rester seul, la SAS ou la SA ne sont pas forcément le meilleur choix. En revanche, si vous ambitionnez d’accélérer la croissance de votre activité ou d’ouvrir le capital à des investisseurs, ce statut répond parfaitement à ces attentes.
Solution 4 : Installer votre entreprise dans un pays étranger
Si aucune des alternatives précédentes ne répond à vos besoins, notamment parce que les charges restent élevées, créer votre structure hors de France peut s’imposer comme une solution radicale. Mais cela ne se fait pas à moitié : pour couper tout lien avec le RSI, il faut également quitter la résidence fiscale française.
De nombreux indépendants l’ont déjà fait, installant leur siège et leur vie au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Canada, en Suisse ou en Espagne. Ces destinations offrent des cadres fiscaux et sociaux plus attractifs pour les entrepreneurs. Internet et la mobilité facilitent aujourd’hui ce choix, permettant de travailler pour des clients français tout en profitant d’un environnement plus stable.
Notre analyse de ce choix :
Si vous aspirez à une nouvelle vie, lassé des blocages administratifs du RSI, et que la fiscalité française vous semble démesurée, cette option ouvre un horizon très différent. Parfois, la rupture permet de retrouver l’envie d’entreprendre.
Solution 5 : Souscrire une assurance privée hors de France (attention, légalité non garantie)
Face aux difficultés liées au RSI, certains collectifs d’indépendants invitent à se tourner vers des assurances privées étrangères et à sortir du système français. Des forums en ligne à certains réseaux de professionnels, cette idée circule de plus en plus.
Mais il faut savoir que ce choix n’est pas reconnu par la loi française : le RSI considère cette démarche comme totalement illégale. En cas d’adoption, des contentieux avec la Sécurité sociale sont à prévoir, et il est probable que plusieurs procédures soient engagées contre vous.
Notre opinion sur cette démarche :
Nous ne recommandons pas d’emprunter cette voie tant que la législation française reste ferme sur le sujet.
Cela dit, si vous souhaitez mener un combat frontal contre le RSI, estimant que son existence met en péril l’indépendance des entrepreneurs ou trahit les valeurs qui vous animent, le choix vous appartient.
Raphaël
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